
Ralentir le soir semble simple en théorie. En réalité, quand on est maman et qu’on a l’impression de vouloir rattraper sa journée, c’est beaucoup plus compliqué.
Il est 20h. Enfin… c’est l’heure à laquelle, en théorie, mon fils devrait déjà être dans son lit. En réalité, ça déborde presque toujours. Il mange vers 18h, boit son lait chaud vers 19h, puis joue encore un peu avec son père. Pendant ce temps, je fais ma routine du soir — ma skincare, mes cheveux — sans trop regarder l’heure. Et soudain, il est 20h10. Parfois 20h20.
Je me rends compte qu’il est fatigué, donc un peu excité. Je l’emmène au lit, je dis bonne nuit… puis il m’appelle. “Maman, câlin.” Alors je remonte. Je redescends. Je remonte encore. Certains soirs, il s’apaise vite. D’autres fois, il a besoin de plus de présence. Je reste.
Quand enfin la maison devient silencieuse, je ressens un soulagement presque physique. La journée s’arrête. Le bruit s’arrête. Les demandes s’arrêtent. Je peux respirer.
C’est là que commence le vrai piège.
Le piège du “temps pour moi” quand on veut ralentir le soir
Quand tout est calme, j’ai souvent l’impression que je dois récupérer quelque chose. Récupérer le silence. Récupérer le couple. Récupérer le temps que je n’ai pas eu pour moi dans la journée. Alors on mange tranquillement si on ne l’a pas fait plus tôt. On regarde un film. Je scrolle un peu. Parfois je réfléchis. Parfois je ne fais rien.
Et sans que je m’en rende compte, il est minuit. Puis 00h30. Parfois 1h.
Je sais pourtant que la nuit peut être courte. Mon fils peut se réveiller à 6h30. Ou à 3h du matin. C’est une loterie, et je le sais très bien. Mais je reste éveillée quand même — parce que j’ai l’impression que si je vais me coucher trop tôt, je perds mon seul moment à moi. Ce petit espace entre la fin de sa journée et le début de ma nuit, qui n’appartient qu’à moi. C’est aussi ce que j’évoquais dans mon article sur le self-care quand on est maman bouclée.
Le lendemain, je suis fatiguée. Et le cycle recommence.
Vouloir rattraper sa journée
Le soir n’est pas censé être une revanche contre la journée. Pourtant, parfois, je le transforme en compensation. Comme si je devais profiter à 100 %, me détendre parfaitement — optimiser mon calme, même. Comme si le repos aussi devait être bien fait.
Mais ralentir ne veut pas dire tout faire d’un coup. Ralentir ne veut pas dire remplir le silence. Parfois, ralentir, c’est simplement accepter que la journée n’a pas été idéale — et que le soir n’a pas besoin de réparer quoi que ce soit. J’en parlais déjà dans mon article sur mes soirées quand je choisis le calme, pas la perfection.
Je remarque que je fais souvent avec moi-même ce que je faisais autrefois avec mes cheveux ou skincare : aller trop vite, tirer un peu trop fort, vouloir que ce soit réglé immédiatement. Alors qu’en réalité, deux minutes de douceur changent tout. Pas plus d’effort. Juste moins de tension. Je remarque que je fais souvent avec moi-même ce que je faisais autrefois avec mes cheveux ou soins du visage : aller trop vite, tirer un peu trop fort, vouloir que ce soit réglé immédiatement.
J’en ai parlé plus en détail dans mon article sur ce que ma routine capillaire m’a appris sur moi-même.
Ralentir le soir sans trouver encore l’équilibre
Je ne suis pas devenue la femme qui se couche à 22h chaque soir. Il y a encore des nuits trop courtes, des escaliers montés avec un soupir, des moments d’agacement quand je voudrais simplement rester assise en bas. Mais j’apprends doucement à ne plus transformer mon “temps pour moi” en pression supplémentaire.
Ralentir, pour moi, ce n’est pas tout arrêter. Ce n’est pas devenir parfaite. C’est arrêter de vouloir rattraper ce que la journée n’a pas donné. C’est accepter qu’un moment simple — un film à moitié regardé, une conversation tranquille, quelques minutes sans téléphone — puisse suffire.
Et peut-être qu’un jour, j’éteindrai la lumière un peu plus tôt. Non pas parce que j’aurai été plus disciplinée, mais parce que je n’aurai plus l’impression de perdre quelque chose en allant dormir.
Apprendre à ralentir le soir ne se fait pas en une semaine…


